L’hybridation art-recherche pendant l’atelier iconographies – remarques d’Hélène Bailleul (UMR ESO)

La diversité des projets qui sont sortis de l’atelier iconographies est certainement due aux profils des participants, mais nous pensons aussi que le format d’atelier réflexif a conduit à ce que chacun réfléchisse à un aspect particulier et innovant par rapport à ses propres cheminements de recherche.

En effet, il s’agissait en quelques jours de construire un protocole ne correspondant pas particulièrement aux habitudes du chercheur ou de l’artiste, que ce soit en matière d’objet de recherche ou en matière de pratique photographique. Pour preuve, peu de participants étaient au départ intéressés par la question du montage photographique ou par la dimension projective de l’image.

La proposition faite par Alban Lecuyer, dont le travail photographique est largement basé sur la pratique du photomontage, a permis à tous de « prendre des risques », de se lancer dans un domaine qu’ils ne maîtrisaient pas au départ et dont ils n’imaginaient pas la pertinence par rapport à leur travail.

Accompagnés techniquement, ces projets de montage ont pu ainsi dévoiler la pertinence d’une hybridation entre pratiques artistiques et scientifiques. Plusieurs travaux de photographes découverts au cours de la semaine ont inspiré les projets menés : on peut mentionner ici notamment Alfredo Jaar et son geste radical de mise au tombeau de ses images dans Real Picture (1995) ; l’approche intimiste proposée par les clichés de Beat Streuli ou la saturation visuelle par accumulation sensible dans les travaux de Corinne Vionnet (Photo Opportunities, 2005-2013) ; ou enfin des liens sont plus serrés, comme avec les travaux d’Alban Lécuyer (Ici prochainement, 2013), de Vincent Debanne (Troops of Defense, 2001) ou Randa Mirza (Beirutopia, 2014).

Les réalisations d’artistes ont ainsi été appropriées par les participants pour les aider à concevoir leur projet et leur visuel. Comme l’expliquait Sylvain Maresca (2011) à l’occasion du colloque Photographier la ville contemporaine : « La question n’est plus d’argumenter quel intérêt la photographie, les images au sens large peuvent avoir pour la recherche en sciences sociales, mais comment y parvenir ». C’est l’une des conclusions de cet atelier, la pratique photographique de cette semaine d’atelier a permis de toucher du doigt l’intérêt évident de l’hybridation entre arts et recherche.

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Publié dans Retour d'expérience

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